Pina de Tirana Peu est un roman coup de poing ou l’envers du décor de carte postale de Tahiti, la fureur de vivre made in Polynésie, la rage ou le cri de cœur d’une Tahiti méconnue, silencieuse et souffrante.

Tout d’abord, je tiens à dire que je ne cherche pas à jouer le rabat-joie de service ou le rôle du mauvais garçon.

Quand j’ai lu la 4ème couverture du livre, j’ai immédiatement voulu en savoir plus et me faire ma propre idée.

J’ai découvert d’abord une auteure majeure de la culture polynésienne, Titaua Peu, puis une histoire à vibration universelle mais qui se déroule juste à l’est de Papeete, la capitale de Tahiti, à Pirae, quartier Tenaho, Pina est le titre du roman.

Certes, c’est une fiction mais la portée, la crudité des mots et la plume ultra réaliste de l’auteure achève définitivement de le classer dans une réalité plausible et authentique.

Tahiti est un endroit magnifique et paradisiaque, il y fait bon dans la joie de vivre et de découvrir des endroits fabuleux, des mets succulents, des saveurs et des senteurs uniques, de rencontrer des habitants souriants et sympathiques, une culture locale importante et une riche histoire ancienne, une destination de rêve, un territoire d’outre-mer la Polynésie Française, une île.

C’est pourquoi je préfère vous prévenir, si vous préférez garder une vision idyllique ou une illusion paradisiaque de la vie à Tahiti, d’arrêter la lecture ici.

Pour les autres, je vous invite à me rejoindre dans un voyage au bout de l’enfer au sein d’une famille tahitienne. Vous n’allez pas être déçu.

Dans Pina, l’auteure Titaua Peu nous dépeint le quotidien d’une famille de 9 enfants dont Pina, l’avant-dernière, du haut de ses 8 ans, en est la pierre angulaire , le fil rouge permanent tout le long de cet éprouvant récit.

La maman ou Ma est la voix maternelle certes mais aussi le socle ou la personne qui fait bouillir la marmite mais pas que.

Le père, Auguste, est un être frustré, violent, alcoolique et incestueux. Il apporte aussi de l’eau au moulin.

À travers les yeux de Pina, nous assistons à la longue et lente déchéance de cette famille suite à une série de malheurs, de coups tordus du destin, d’événements personnels et extérieurs qui vont faire éclater les fondements, les valeurs et les certitudes qu’elle croyait inébranlable et fortifiée. Une ambiance délétère, malsaine et au bord de l’implosion.

Titaua Peu a pris le parti de ne pas évoquer ce récit à une, deux voire trois voix mais chacun ou presque, tour à tour, passera à la moulinette ou à la loupe de l’auteure, ce qui nous amène loin dans le vécu émotionnel et spirituel des protagonistes.

L’écriture est tour à tour simple ou touchante pour évoquer des moments de plénitude ou de joie intense dans cette famille et par opposition, à contrario, la plume se veut surtout urgente, réaliste, clinique et d’une violence soutenue, viscérale et pénétrante pour aborder des scènes quotidiennes d’une noirceur sans nom et d’une violence sur plusieurs tableaux.

L’auteure n’hésite pas à utiliser des termes crus, souvent glauques, sans équivoque qui mettent à mal le lecteur et pour mieux le pousser à s’interroger devant la vie, la vraie vie.

Un roman qui ne tombe jamais dans la facilité ou le misérabilisme, l’auteure ne cherche pas à porter un jugement, laissant au lecteur la liberté de se faire sa propre opinion.

C’est aussi tout le dilemme qui imprègne cette terrible histoire, qui pourrait se dérouler dans n’importe quelle famille du monde entier, un sentiment d’impuissance et de révolte latent et permanent qui vont progressivement gangrenés et enlisés cette famille.

Jusqu’où ?

Paradoxalement, des moments de joie, de grâce et d’une beauté fulgurante se dessinent ou tentent de se faire une place dans cette histoire noire et assez insoutenable et irrespirable . La vie n’est jamais totalement blanc ou noir …

J’ai vraiment adoré ce roman qui donne une autre facette de la vie des tahitiens, dans un quotidien âpre et sans artifice, fait de douleurs, de peines, de mensonges, de violence inimaginable, de sang.

Mais pas que.

Une façon ou une manière de donner de la voix à une frange de la population abîmée, silencieuse et bafouée.

On parle parfois de mode survie dans certaines situations à haut risque, dans Pina, vous en aurez une bonne définition.

Je vous invite vivement à découvrir et à lire Pina de Titaua Peu qui va longtemps résonner dans votre esprit, une mini-tornade de colère rentrée ou sourde et d’une multitude d’émotions qui va vous pousser loin dans vos propres retranchements et remuer vos tripes comme rarement j’ai pu l’être.

Un drame social, puissant, poétique et d’un réalisme à toute épreuve.

Édité Aux Vents Des Îles (seul éditeur de livres de la culture polynésienne basé à Pirae, à côté de Papeete, tiens comme dans le roman …), dans la collection Littératures du Pacifique, il est possible de le commander directement sur wwww.auventdesiles.pf voire sur les principaux sites marchands connus.

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